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Philippe Gaubert, Mélodies
Florence Montana, soprano Pierre-Alain Volondat, piano Pascal Gresset, flûte Christophe Giovaninetti, violon

POL 160 519

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Philippe Gaubert,
Mélodies sur des poèmes de
Charles Batilliot
Paul Verlaine
Paul Fort
Henri de Régnier
Tristan Klingsor
Émile Despax
Victor Hugo
Jean Moréas
Albert Samain

en écoute : Le ciel est gai, Ballade sur un poème de Paul Fort

   
         
   

La vie et la carrière de Philippe Gaubert, né en 1879 à Cahors, furent marquées au sceau d'un don prodigieux. Son père, cordonnier, mais fondu de musique, pratiquant lui-même la clarinette dans des ensembles de bal, décida en 1888 de "monter à Paris", afin que ses enfants deviennent musiciens. Il y décédera malheureusement quelques années plus tard, laissant sa famille à la charge du jeune Philippe, qui n'avait pas encore treize ans. Celui-ci se mit alors à gagner sa vie en jouant du violon dans l'orchestre d'un cinéma de quartier. Cependant, c'est en l'entendant jouer de la flûte que le père de Paul Taffanel, alors le plus grand flûtiste de la scène parisienne, s'étonne des dons de l'enfant et décide de lui donner gracieusement des cours. Il le présente enfin à son fils, qui le prendra dans sa classe au Conservatoire de Paris. Il y obtiendra en 1894, âgé de 15 ans, un brillant premier prix, tout en travaillant le violon chez Garcin, instrument qu'il joue comme remplaçant dans l'orchestre de l'Opéra. L'année suivante, Taffanel le fera nommer "première flûte solo" dans le même orchestre, avènement d'une immense carrière de virtuose. Il continuera toutefois ses études au Conservatoire, en classe d'harmonie puis de composition, qui le conduiront à l'obtention d'un premier prix de fugue et contrepoint en 1903 et enfin au second Grand prix de Rome en 1905. Entre-temps, Philippe Gaubert avait entamé presque par hasard sa carrière de chef d'orchestre. En effet, en 1904, poussé par Taffanel, il se présente au concours organisé pour le poste de second chef de la Société des Concerts du Conservatoire, alors qu'il n'avait jamais dirigé ! Un programme difficile, au cours duquel son interprétation du Final de la IXe symphonie de Beethoven fut si enthousiasmante qu'il obtint le poste avec une très forte majorité des voix. Il avait vingt-cinq ans... Au retour de la Guerre, en 1919, il succède à André Messager à la tête de la Société des Conservatoires, poste qu'il ne quittera qu'en 1938.

Cette même année le voit aussi devenir professeur de flûte au Conservatoire de Paris, fonction qu'il abandonnera en 1931 pour reprendre la classe de direction d'orchestre laissée vacante par la mort de Vincent d'Indy. En 1920, il est nommé premier chef à l'Opéra, dirige Faust pour la première fois le 19 septembre. Sa carrière à l'Opéra sera brillante : chef de la Musique en décembre 1931, Directeur le 1er juin 1939. Toutes ces années conna”tront de nombreuses créations: Ariane et Barbe-Bleue de Dukas, Oedipe d'Enesco, Daphnis et Chloé de Ravel, Oriane de Schmitt, Médée de Milhaud, ainsi que des "premières" créations françaises, comme Turandot ou Elektra de Richard Strauss. La 200ème représentation du Faust de Gounod, le 31 décembre 1934 sera l'un des événements marquants de l'histoire de l'Opéra, Philippe Gaubert ayant notamment réussi à obtenir des principaux solistes de l'époque qu'ils rejoignent le choeur pour chanter avec lui "Gloire immortelle de nos aïeux", étonnant clin d'oeil au passé de la prestigieuse maison. Sa carrière sera récompensée plusieurs fois par les autorités : nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1921, il sera promu officier en 1928 et Officier de l'Instruction Publique en 1929. Son activité de chef d'orchestre et de virtuose (quoiqu'il arrête pratiquement de jouer de la flûte en 1922) ne doit pas faire oublier que Philippe Gaubert fut aussi compositeur, père de nombreuses oeuvres écrites ou commencées le plus souvent lors des périodes de repos estivales. C'est ainsi qu'il a laissé beaucoup de musique pour un instrument et piano ou orchestre, dont bien sûr de nombreuses pièces pour flûte. Chef d'orchestre renommé, il prêta aussi une grande attention à la musique orchestrale, empruntant rarement le chemin de la symphonie traditionnelle pour prendre celui du tableau ou du poème symphonique, avec des pièces aux noms évocateurs tels Le Cortège d'Amphitrite, Inscriptions pour les portes de la Ville ou Les chants de la Mer. Il n'a pas oublié non plus la scène, avec Sonia, drame lyrique en trois actes et Naïla, Conte lyrique en trois actes, une musique de scène pour l'Antigone de Sophocle et quatre ballets, Philotis, Fresque, Alexandre le Grand et Le Chevalier et la Demoiselle, ballet chorégraphié par Serge Lifar et représenté avec succès en 1941, à la veille du décès brutal et inattendu de Philippe Gaubert. Enfin, grand amoureux de la voix, il a aussi composé près de 90 mélodies, dont certaines font l'objet de ce disque.

 

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Attirée très jeune par la poésie et la musique, Florence Montana entre à la Compagnie Lyrique de Paris où elle obtient en 1982 un premier prix d'art lyrique et un premier prix de mélodie française. Conjointement, elle suit des études de musicologie à la Sorbonne. Sa rencontre avec le pianiste Pierre-Alain Volondat sera décisive dans son choix d'une carrière essentiellement portée vers le récital.. Les années de travail en commun les emmènent en tournée en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie. Son goût pour toutes les formes d'expression vocale va la conduire à se perfectionner, en art lyrique auprès de Gabriel Bacquier, en interprétation du lied avec Udo Reinemann, en interprétation baroque avec Gérard Lesne, en pédagogie vocale auprès de Richard Miller. Très investie dans la pédagogie, Florence Montana est Titulaire du CA de technique vocale depuis 1997, enseigne actuellement au conservatoire municipal agréé de Vincennes et est régulièrement missionnée pour intervenir dans les Conservatoires nationaux auprès des professeurs de formation musicale et de chant choral.

 

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Pierre-Alain Volondat débute ses études musicales au Conservatoire d'Orléans et les poursuit au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il obtient trois Premiers Prix :harmonie, musique de chambre et, en 1982, le Premier Prix de piano, premier nommé. En 1983, c'est le triomphe à l'âge de 20 ans au Grand Prix Reine Elisabeth de Belgique, où il remporte de manière éblouissante le Premier Grand Prix, le Prix de la Reine Fabiola et le Prix du public. Depuis lors, Pierre-Alain Volondat a joué dans la plupart des pays d'Europe, au Japon, en Corée, et a donné de très nombreuses séries de masterclasses. Lorsque Volondat pose les mains sur son piano, c'est une magie particulière qui opère... Il a enregistré pour Naxos les Préludes et Impromptus de Fauré ainsi que les Treize Barcarolles du même compositeur. Pierre-Alain Volondat est également compositeur.

 

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Après des études musicales en France, en Roumanie, et en Allemagne (notamment avec les membres du quatuor Amadeus), Christophe Giovaninetti fonde en 1984 le Quatuor Ysaïe, où il tient la place de 1er violon, qu'il quittera en 1995 pour fonder le Quatuor Elysée. 1er Grand Prix International de quatuor à cordes d'Evian, il a réalisé avec ces quatuors, de nombreux enregistrements pour la firme Decca (les six quatuors de Mozart dédiés à Haydn, l'intégrale des quatuors de Mendelssohn, les principaux compositeurs français), et également pour les firmes Harmondia Mundi (Mozart), Philips (Schullhoff), et Radio France (Boucourechliev). Il vient tout récemment d'enregistrer les six quatuors op 76 de Haydn pour la firme Zig-Zag Territoires. Il a effectué de très nombreuses tournées dans le monde, avec des concerts sur des scènes prestigieuses tels que le Carnegie Hall de New York, le Suntory Hall de Tokyo, l'Opéra House de Sydney, le Musikverein de Vienne, le Mozarteum de Salzbourg, la salle de la Philarmonie de Berlin, le Wigmore Hall et le Queen Elisabeth Hall de Londres, la salle du Concertgebouw d'Amsterdam, le Théâtre des Champs Elysées de Paris, etc... Ses partenaires en musique de chambre ont été Augustin Dumay, Shlomo Mintz, Maria Joao Pires, Jean Philippe Collard, Frank Braley, Paul Meyer... Parallèlement à sa vie de concertiste, il a également un poste de professeur au Conservatoire National Supérieur de Paris. Yehudi Menuhin a dit de lui : "je dois à cet ange musicien une des plus pures émotions musicales de ma vie".

 

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Pascal Gresset a obtenu un Premier prix de flûte et Prix d'Honneur du C.N.R. de Versailles dans la classe de Roger Bourdin, une Licence de concert de l'Ecole normale de musique de Paris, tout en suivant des études d'écriture et d'analyse musicale à l'E.N.M. de Créteil. Concertiste, soliste de l'ensemble de musique de chambre Aplanos et de l'ensemble orchestral Thème et variations, Pascal Gresset se produit en France, en Europe et jusqu'en Chine, en soliste ou au sein de diverses formations de musique de chambre. Il est à l'origine de diverses initiatives musicales, fondant ici ou là un ensemble musical ou une école de musique, il créée et parfois commande les Ïuvres pour flûte de plusieurs compositeurs et, pédagogue, enseigne à l'Ecole de musique de Montmorency (95). Il est rédacteur en chef de la revue Traversières Magazine.

 

 

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