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Jacque-Dupont Opéra Le Roy fol
Orchestre lyrique de la RTF  Chœurs de la RTF  Tony Aubin, direction
Saxophonies
Quatuor Jean Ledieu

double cd

POL 990 480

16
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Jacque-Dupont
Opéra Le Roy fol
Prélude
1er chapitre : Le Roy net et le Roy fou
2ème chapitre : Le Bal des Ardents
3ème chapitre : Isabeau et Louis
4ème chapitre : Jean sans Peur
5ème chapitre : Azincourt
6ème chapitre : Jeanne

Saxophonies
Flashes
Spleen
Sprint

 

   
         
   

JACQUE-DUPONT
pianiste-concertiste international
compositeur français

Source de métamorphoses, la Musique est comme un office sacré, voluptueux et grave où les secrètes, les brûlantes vibrations de l’âme se libèrent en d’émouvantes sonorités.
Elle se trouve ici magnifiée par JACQUE-DUPONT, artiste d’exception, musicien total, absolu pour son extrême diversité. Enfant prodige, il joue les sonates de Clementi à cinq ans puis, à huit, un Concerto pour piano et orchestre de Haendel. Ce surdoué, dont la mère est également pianiste, collectionne d’impressionnantes récompenses et, dans sa foulée, il décroche le 1er Grand Prix de Rome de composition musicale à l’unanimité.
Mèche en bataille sur la tempe, le jeune homme assez grand, mince, fougueux mais patient, appliqué, persévérant, connaît l’enchantement féerique de la Villa Médicis avec la magie des couleurs et des harmonies sonores. Un songe éveillé qui le guidera toute sa vie.
L’oreille attentive et subjuguée, on assiste au déploiement frénétique d’une carrière tourbillonnante, internationale, semée d’étoiles, de voyages, de créations, de succès, de fracassants triomphes. La gloire assurée, reconnue. Du prestige !

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Avec ses efforts arrachés et ses élans fabuleux, une si brillante réussite s’annonce instructive et palpitante au gré d’une évocation rendue possible par Geneviève Zaigue, radieuse pianiste, concertiste et pédagogue rayonnante, devenue Madame JACQUE-DUPONT.
Elle a fait de son mari un Troyen d’adoption à l’automne d’une existence en arcs-en-ciel. Femme de cœur et d’esprit d’une ravissante sensibilité, elle est l’interprète enthousiaste, fervente et passionnée d’une œuvre frémissante aux multiples facettes. La voici qui offre généreusement ses archives : manuscrits, partitions imprimées, portraits d’interprètes, photographies de décors... Et de la musique enregistrée, ainsi vivante, tel un merveilleux défi jusqu’à la fin des temps.
On retrouve JACQUE-DUPONT présent, cultivé, inventif, original. Il est épris de raison et de fantaisie, de romantisme et de modernité. Il se berce de poésie, dévore Edgar Poe et pétille d’humour. Éclectique, fascinant, il rêve de mirages et de chimères. Travailleur acharné, il demeure à l’écoute de ses tumultes intérieurs et à l’affût de visions éloquentes. Son imagination vagabonde, s’exalte et s’enflamme.
Au piano, il brise le silence sur de mystérieuses inspirations marquées d’attentes fiévreuses, d’illuminations turbulentes, de blessures, de bonheurs indicibles lorsque des cadences aux accords crépitants créent des mouvements dont la souple amplitude émerveille. Légères et tempétueuses, si variées, les œuvres s’accomplissent dans un embrasement éperdu.

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C’est alors qu’intervient Jean-Marie Meignien, organiste et pédagogue, historien, musicologue dont la modestie laisse des travaux inédits en sommeil.
Sous le titre “Jacque-Dupont, pianiste et compositeur français”, il a présenté en novembre et décembre 1999 une captivante communication qui enrichit les “Mémoires” de la Société Académique de l’Aube. Minutieux, il a dressé ici une chronologie précise des événements biographiques et professionnels du musicien, puis la liste des nombreux récitals et concerts donnés en France et à l’étranger.
On imagine des effleurements de touche et des enjouements volubiles, mais encore des inclinations qui portent le virtuose vers la grandeur sublime de Beethoven, les vertigineux tempo de Liszt, l’atmosphère impressionniste de Debussy, l’ineffable sortilège et l’esprit raffiné de Ravel...
Avec dévouement, scrupule, persévérance et une compétence sans faille, Jean-Marie Meignien a surtout établi l’indispensable catalogue des œuvres musicales désormais numérotées, classées, situées, analysées, expliquées avec méthode et clarté. Entreprise monumentale, sérieuse, exhaustive, rendue quelquefois difficile par les multiples aspects d’une carrière à révéler.

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Tous les genres se suivent sous des titres imagés, parfois inattendus. Des notes cristallines, sombres, espiègles, tragiques, sentimentales, capricieuses, foudroyantes peuvent s’apparenter à l’atonalité et même s’échapper du jazz. Rythmes complexes, puissants, chahuteurs en leur étonnante variété. À partir d’arguments littéraires, une verve créatrice transcende instruments, voix, messe, films, ballets, oratorio et aussi l’opéra avec Le Roy fol, spectacle prodigieux en ses fastes poignants où Charles VI, qui tremble d’angoisse, chante ses délires à se déchirer les entrailles. JACQUE-DUPONT a le théâtre pourpre et or dans le sang. Il est le William Shakespeare de la musique. Compositeur ardent, jamais las, il possède des dons d’acteur et d’écrivain. Dans ses vastes fresques ruisselle et frissonne un lyrisme flamboyant qui ne laisse pas d’éblouir. Cet art suprême inonderait de lumière le seuil du Nirvana.

René VIGO


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REPÈRES BIOGRAPHIQUES

1ère période : 1906-1936 (Paris, Rome, Nice)

1906 Le 7 août, à Paris (18ème), naissance de Jacques DUPONT.
1914 À Dijon premier concert avec orchestre.
1915 Entrée au C.N.S.M.. où Jacques DUPONT obtiendra le Premier Prix dans les classes suivantes : Alfred CORTOT, piano, Marcel SAMUEL-ROUSSEAU, harmonie, Noël GALLON, contrepoint et fugue, Max d’OLLONE, musique de chambre, Henri RABAUD, direction d’orchestre, Maurice EMMANUEL, histoire de la musique, Henri BUSSER, composition. En 1931 Jacques DUPONT obtient le Premier Grand Prix de Rome de composition musicale, à l’unanimité du jury (40 membres) pour sa cantate L’ensorceleuse (Institut de France).
1926 Transcrit pour piano La danse devant l’Arche d’Arthur Honegger, ouvrage
qu’il dédie à son maître Alfred CORTOT.
1928 Grande fugue en fa mineur (piano op. 1)
1930 Prix Diémer (concours triennal de piano).

1931 Prix Pinette (Académie de France) ; Prix Duquesne-Tresse.
1931 Écrit à Paris son premier poème symphonique : Nuit.
1932 À Rome : composition de son premier Concerto pour piano et orchestre. À Paris a lieu la création de L’ensorceleuse par les Concerts Lamoureux, dir. Albert Wolf.

1933 - Créations : à Paris du Concert pour violon et orchestre op. 6 (Denyse Bertrand) et
à Rome de l’Octuor (Prix Fernand Halphen).
1934 - À Rome, composition des Trois pièces (piano) op. 8. Le compositeur reçoit le Prix
Georges Bizet de composition musicale offert par l’Institut de France.
1935 - À Nice, achèvement de sa première œuvre de musique légère et de jazz Soirs à Juan-
les-Pins (piano)

1936 - Jacques DUPONT compose sa première symphonie (Censi-symphonie).

 

2ème période : 1937-1951 (Toulon, Paris, Casablanca).

1937 - Jacques DUPONT est nommé Directeur du Conservatoire de Toulon ; il restera en fonction jusqu’en 1943. Entre temps il est nommé Chef d’orchestre de l’Association des Concerts classiques au Casino de Cannes (1940-1942).
1941 - Récitals. Enregistrement des lieder de Schubert et de Beethoven avec Jean
Giraudeau.
1942 - Composition de son premier ballet : Blandine.
1943 - Création de Navarrianas avec André Navarra, violoncelliste.
1944 - Création à la R.T.F. de Rhapsodie fantasque (piano et jazz symphonique), Jacques
DUPONT, piano. Récitals. Collaboration avec les J.M.F. (René Nicoly).
1945 - Membre du Conseil supérieur de la musique et du Comité de lecture de la Radio
(jusqu’en 1948). Récitals.
1946 - Sociétaire définitif “Honoris causa” de la SACEM. Récitals.
1947 - Jacques DUPONT réduit sa collaboration avec les J.M.F. au profit des “Évocations musicales” (récitals-conférences) avec la collaboration de Bernard Gavoty (environ 200 séances en France et à l’étranger jusqu’en 1954). Récitals.
1948 - Première tournée de récitals dans les trois pays d’Afrique du Nord. À Paris composition de sa première suite symphonique Stéréoscope. Création du Divertissement 48, pour piano et orchestre, au Théâtre des Champs-Élysées (Jacques DUPONT, piano).
1949 - Récitals : France, Angleterre, Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte et Luxembourg.
1950- Au Théâtre des Champs-Élysées création de San Marin, l’homme à l’épée de lumière
(oratorio) par l’Orchestre national de la R.T.F., dir. Ernest Bour. Récitals : France, Belgique et Afrique du nord.
1951- À l’Opéra de Lille création du ballet Le bal du pont du nord. Récitals : France, Hollande, Portugal, Afrique du Nord, Brésil, Pérou, Uruguay, Chili et Argentine. Au théâtre Colon de Buenos-Aires, Jacques DUPONT reçoit la médaille du Général San Marin,
libérateur de l’Argentine.

3ème période : 1952-1985 (Paris, Troyes).

1952- À Casablanca création de la Messe de St François sous la direction de JACQUE-DUPONT. Au Théâtre du Casino municipal d’Enghien création de La clef des songes (ballet), orchestre placé sous la direction de Richard Blareau, avec JACQUE-DUPONT, piano. Émissions radiophoniques en qualité de pianiste et compositeur à Radio-Luxembourg et sur la R.T.F.. La première série d’émissions (75) a pour sujet : “Les sonates contemporaines pour piano et violon” avec Yvonne Astruc. Récitals : France, Algérie, Tunisie, Égypte, Liban et Luxembourg.
1953- JACQUE-DUPONT est nommé Inspecteur principal de la musique en France (Direction des Arts et des Lettres). Il est classé en “Catégorie exceptionnelle” pour ses émissions artistiques à la R.T.F.. À Paris création au C.N.S.M. de Aulos (flûte et piano), morceau imposé au concours de flûte. Récitals : France, Belgique et Luxembourg. À cette époque JACQUE-DUPONT estimait avoir donné environ 1000 concerts et récitals depuis 1936
1954- Édition de 16 disques éducatifs (33 t., 30 cm) chez Decca, sous sa direction, ayant pour thèmes : “Maîtres et chefs-d’œuvre de la musique” et “Pour une culture musicale authentique par le disque”. 110 émissions sur la R.T.F. : “L’enchantement de Paris” et “Le piano contemporain”. Récitals : France et Monte-Carlo.
1956 -JACQUE-DUPONT est fait chevalier de la Légion d’Honneur.
1958 -50 doigts sur 6 claviers écrit et enregistré par JACQUE-DUPONT.
1959 -50 émissions sur la R.T.F. sous le titre “Le royaume de la musique” ; une seconde série
sera diffusée l’année suivante.
1960 -Au Théâtre de Rouen création de l’opéra Le Roy fol (dir. Albert Beaucamp). JACQUE-DUPONT est Chevalier des Arts et Lettres.

1961 -Création du Scherzo par les Premiers Prix de piano du C.N.S.M..
1962 -JACQUE-DUPONT est “Chargé de la coordination technique de l’enseignement
musical en France”, Direction de la Musique, de l’art lyrique et de la danse (Ministère
de la Culture).
1965 -Création du ballet Amducias au Théâtre des Champs-Élysées.
1966 -Officier de la Légion d’Honneur.
1971 -Inspecteur général de la Musique.
1975 -Création à Paris du Concert étrange (violon et orchestre), dir. Pierre Dervaux, Georges
Tessier, violon.
1979 -À Beauvais création de Saxophonie par le Quatuor Deffayet.
1981 -Commandeur de l’Ordre des Arts et Lettres.
1985 -À Troyes, le 21 avril, décès de JACQUE-DUPONT.

 

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Catalogue des oeuvres.

Malgré l’errance du pianiste international et les temps de guerres défavorables à la vie artistique, JACQUE-DUPONT fit preuve d’une énergie et d’une capacité de travail hors du commun. Ses facultés d’adaptation et son application lui ont permis de traverser avec succès un tourbillon d’activités assez stupéfiant. Chaque période de vie, il est vrai, se trouve marquée par une dominante. Jusqu’en 1936, la formation au plus haut niveau l’occupe avec constance. Vint ensuite la maturité qui conduit l’artiste au surmenage. Mais ses responsabilités à la Direction de la musique concentreront plus tard ses activités au territoire national.Pendant cette carrière agitée règne, omniprésente, la composition musicale. Les formes traitées varient, mais
partout éclosent des œuvres majeures qu’il nous faut signaler.
Les pages pour piano occupent d’abord le jeune compositeur. La Grande fugue en fa mineur, les Deux impromptus et les Trois pièces enrichissent le répertoire pianistique au même titre que la transcription d’une image biblique d’Honegger. Quelle que soit l’importance de ces œuvres, l’Octuor et le Concert pour violon et orchestre méritent une attention particulière, sans négliger L’ensorceleuse trop vite oubliée par l’ancien pensionnaire de la Villa Médicis.
De 1937 à 1951 c’est le concerto qui est privilégié au service du violoncelle (Navarrianas) et du piano (Divertissement 48) : œuvres où s’accumulent de redoutables difficultés techniques mais là où souffle aussi une inspiration puissante. JACQUE-DUPONT s’intéresse au théâtre en abordant le ballet et l’oratorio (San Marin, l’homme à l’épée de lumière).
La maturité atteinte, le Maître récapitule ses facultés créatrices en faveur de son instrument de prédilection avec Scherzo. La musique de chambre s’enrichit d’une Saxophonie. L’œuvre symphonique s’épanouit avec Le diptyque d’Amduscias et le Concert étrange pour violon et orchestre. Mais le couronnement de ce catalogue varié est bien Le Roy fol, monumental opéra crée en 1956. Les ballets se multiplieront sans priver le compositeur de son humour et de sa fantaisie au moment de ses incursions dans le monde du jazz !
Ce catalogue est le fruit d’un esprit original, toujours en éveil, avide de féerie, sans cesse à la recherche de l’émerveillement résultant des joies de l’esprit, du spectacle et de la musique.

N.B.: À la Médiathèque de l’agglomération troyenne (Aube-France) est conservé le fonds JACQUE-DUPONT. Sont consultables :
-les manuscrits et les partitions imprimées du compositeur ainsi que les archives du concertiste (programme, affiches, correspondance, livrets, photographies, bandes magnétiques, disques, etc...) ;
-une étude biographique ;
-une présentation du catalogue des œuvres musicales comportant, pour chacune d’elles : date et lieu de composition et de création, durée, effectif orchestral, interprètes lors de la création, commanditaire, dédicataire, éditeur, analyse musicale par le compositeur, argument, etc..

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La version du Roy fol proposée ici, est la version concert, version qui fut arrêtée par Tony Aubin pour la RTF.
Les interprètes en sont :
Le héraut : Gilbert Guireau
Le Roi fou : Réné Bianco
Isabeau de Bavière : Micheline Granchez
Odette de Champdivers : Nadine Sautereau
Louis d'Orléans : Christian Dorizeau
Choeurs de la RTF dirigé par Jean Giton et l'Orchestre lyrique de la RTF placés sous la direction de Tony Aubin.
Texte de présentation de Denise Beautrin dit par Jacqueline Clerc.

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L'oeuvre théâtral de Jacque-Dupont

C'est à partir de 1938 que JACQUE-DUPONT se consacre à l'Opéra-comique, au ballet puis à l'opéra. Après destruction de certaines pages et le fait que d'autres sont écartées de l'édition par l'auteur, sept oeuvres majeures subsistent, soit le dixième de son catalogue.
L'opéra-comique, très apprécié au XIXème siècle, se fit plus rare au siècle suivant (Terrasse, Rabaud). Par deux fois Jacque-Dupont tente de renouveler le genre mais sans satisfaction puisqu'il détruira les manuscrits quelques décennies plus tard.
Quant au ballet, depuis l'éclat incomparable de ceux de Diaghilev et des Compagnies suivantes jusqu'à l'apport exceptionnel des compositeurs français (Pierné, Roussel), son pouvoir de séduction n'a jamais cessé. Il n'y a donc rien d'étonnant que Jacque-Dupont se soit emparé d'un moyen d'expression aussi apprécié et que servent autour de lui Schmitt, Sauguet, et son ami Auric avant Ibert, Françaix et Dutilleux. Plusieurs fois auteur de l'argument, en collaboration avec Hubert Devillez que nous retrouverons dans Le Roy fol, Jacque-Dupont, compositeur, use ici tantôt de la symphonie ou de la tragédie lyrique, tantôt de la chanson-ballet ou du ballet-jazz, toujours de manière inattendue, en ce domaine comme en d'autres. Des quatre ballets créés de 1947 à 1951 émerge La clef des songes présentée à Enghien dans une chorégraphie de Jean-Jacques Etcheverry. La réunion des Théâtres nationaux l'inscrira à son répertoire dès 1952.
Appartenant à la dernière période de sa production Amduscias ne doit pas manquer d'être remarqué depuis que Cyril Atanasoff accepta de créer l'un des principaux rôles. Ces ballets (cf Polymnie POL 753 117) sont d'une importance essentielle dans l'oeuvre théâtral de Jacque-Dupont couronné par son opéra présenté en 1960. Le Roy fol, point d'aboutissement du talent dramaturgique du compositeur, est, à n'en point douter, un élément d'excellence de son apport à la musique française.

Jean-Marie Meignien

 

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LE ROY FOL


Fresque lyrique, dramatique et chorégraphique, le Roy fol de Jacque-Dupont a vu le jour à Paris en 1956 à la suite d'une commande de l’État. Dans cette oeuvre, le compositeur y déploie tout son langage musical, dont les racines sont fortement ancrées dans la musique française des années 1930 et 1940, tout en conciliant des genres très différents (boogie-woogies ou danses de la Renaissance). Un soin particulier est accordé aux percussions, annonçant ainsi une musique fondée sur des impulsions et sur des effets de masses sonores retranscrivant l’état psychologique du roi. De belles et amples mélodies se dégagent néanmoins des moments de lucidité du protagoniste principal. La nomenclature instrumentale présage, en elle-même, une oeuvre monumentale, puisque pour sa création au Cirque de Rouen le 22 janvier 1960, il a fallu dépêcher trois cent cinquante
exécutants.
La réalisation du livret est confiée à Cécil Saint-Laurent pour la construction générale de l’intrigue et à Hubert Devillez pour les dialogues. L’action entière se déroule le 20 mai 1420, jour de la signature du Traité de Troyes par Charles VI. L’intrigue du livret, articulé en deux parties, reprend les principales lignes de ce contexte historique. Le premier acte présente le roi en proie à ses délires, mais également à la reine Isabeau de Bavière soucieuse de le rendre présentable à son amante, Odette de Champdivers. Dans l’acte II la Cour se livre à une grande fête, pour divertir le roi, déguisé en bête sauvage. Louis d’Orléans, à la recherche du roi, approche une torche trop près d’un vêtement et enflamme l’assistance - le roi lui-même est gravement brûlé - provoquant Le Bal des Ardents. Les limites entre la démence et la lucidité sont explorées au cours d’un dialogue entre le roi et son amante (acte III), tandis que les antagonismes entre Louis d’Orléans et Jean sans Peur sont présentés dans la scène suivante. Un interlude symphonique vient précéder une scène d’amour entre Louis d’Orléans et la reine Isabeau de Bavière. L’assassinat de l’amant de la reine par les hommes de Jean sans Peur achève la première partie. L’annonce de cette mort provoque la joie du peuple (acte IV), mais peu de réactions de la part du roi, qui sur la demande de la reine, effectue une promenade en bateau. La capitale, aux mains des Bourguignons et des corporations, cède peu à peu au chaos. La bataille d’Azincourt, de triste mémoire, hante l’acte V Enfin, Isabeau de Bavière tente de livrer la France aux Anglais par la signature du Traité de Troyes (acte VI), laissant un roi désemparé, tandis que le choeur évoque de façon prémonitoire Jeanne d’Arc.


Bénédicte Percheron

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The mad King


Lyrical, dramatic and choreographic, Jacque-Dupont’s operetta Le Roy fol (‘The mad King’) was composed in 1956 upon orders of the state. The composer employs a wealth of musical language strongly inspired by French music of the 1930s and 1940s, thereby bringing together distinctly different genres such as the boogie-woogie and the Renaissance dance.
Percussion instruments take pride of place, heralding a music founded on impulses and sets of sounds and rewriting the psychological state of the king. Yet, from these rich and beautiful melodies emanate moments of sanity from the king. The range of instruments in itself heralds a monumental piece with its staging at the Cirque de Rouen on 22 January 1960 requiring 350 performers under the baton of Albert Beaucamp, composer and director of the local conservatoire.
The main role of the mad king was entrusted to two performers, Jean Chevrin, drama teacher at the Rouen conservatoire in the role of the sane king (the lucid king), while the role of the mad king was played by the baritone René Lanier of the Opéra.
The libretto was produced by Cécil Saint-Laurent for the general construction of the plot, while the dialogues were written by Hubert Devillez. The event took place over one day, 20 May 1420, the day on which Charles VI signed the Treaty of Troyes.
The plot is structured in two parts, and sketches a broad outline of the historical context, albeit from the point of view of the king, who became mad following a fall from his horse in 1392. The first act presents the king in fits of madness and the Queen Isabeau of Bavaria too, who is eager to make her husband appear presentable to his mistress, Odette de Champdivers.
In the act II, the Court organises a grand party to entertain the king, who dresses up as a wild beast. While searching for the king, the queen’s lover, Louis d’Orléans, approaches a torch too close to a piece of cloth setting the entire crowd on fire, injuring the king severely. This event became known as the Bal des Ardents (‘The Ball of the Burning Men’).
A dialogue between the king and his mistress in act III explores the boundaries between insanity and sanity, while the subsequent scene presents the antagonisms between Louis d’Orléans and John the Fearless. The first part concludes with the murder of Louis d’Orléans by the men of John the Fearless. The announcement of this death provokes joy among the people in act IV. Act V is haunted by the Battle of Agincourt, a painful memory for the French. The signature of the Treaty of Troyes in Act VI leads to France’s eventual surrender to the English and leaves the king distraught.
The chorus calls Joan of Arc in a premonitory fashion.


Bénédicte Percheron
Translation : Géraldine Ring

 

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Un jour viendra où la riche Ecole française couvrant la première moitié du XX° siècle sera honorée comme il se doit. Plus encore que ne le permettent aujourd’hui le disque et les ondes, les programmes des concerts présenteront l’exceptionnel florilège que
constituent la musique de chambre, les œuvres symphoniques et lyriques qui placent la France au niveau suprême de l’histoire musicale du siècle qui vient de s’achever. Ainsi sera illustré l’esprit français fait de fantaisie, de couleur, de vitalité, celui-là même qui anima tous les moyens d’expression de l’époque où vécurent M. Emmanuel et JACQUE-DUPONT, ainsi que Dutilleux et Messiaen.

Ce n’est ni le moment ni le lieu de se livrer à une étude du langage musical de JACQUE-DUPONT. Contentons-nous de rappeler que sa conviction profonde l’amenait à “vouloir user de tous les systèmes, de l’harmonie classique et du contrepoint traditionnel, aussi bien que de l’atonalité ou du dodécaphonisme, si l’intérêt l’exige”. (cf P. Pittion : La musique et son histoire éd. Paris 1961, p. 461). C’est la marque d’une liberté souveraine que maîtrisent la science et l’authentique talent créateur. C’est ainsi que JACQUE-DUPONT explore tous les genres et qu’à la manière de Ravel il exploite ses compositions en tous sens, qu’il généralise les réductions d’orchestre au piano avec un sens pratique fort judicieux, et qu’il rénove une terminologie et un agencement des formes pour stimuler le plaisir de l’auditeur invité à pénétrer dans son jardin secret.
Même si l’allure du jeune compositeur trahit son amour du romantisme où planent Chopin, Schumann et Liszt, très tôt, JACQUE-DUPONT se tourne vers l’avenir. Mais l’empreinte de la littérature et son influence sur la création musicale demeureront, à l’exemple d’un Berlioz ou d’un Prokofiev. Car l’imagination de JACQUE-DUPONT est constamment traversée de personnages en lutte dans un monde complexe et étrange. Aussi trouve-t-il son bonheur dans le spectacle subtil du ballet, puis celui - plus intégral - de l’opéra. Ici se situe l’aboutissement d’un long cheminement jalonné de rigueur et de désinvolture autant que de réalisme et de chimères.
Le message de JACQUE-DUPONT est là, prêt à revivre avec ses contrastes et à briller de tous ses feux.

Jean-Marie MEIGNIEN
25 juillet 2000

l’intelligence musicale du virtuose.

 

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SAXOPHONIES


Répondant à une commande du Ministère de la Culture, Jacque-Dupont saisit cette opportunité pour révéler les meilleurs effets sonores qu'offre le quatuor de saxophones. Son opus 74 est dédié "Au prestigieux Quatuor Daniel Deffayet" qui crée les trois mouvements, Flashes, Spleen et Sprint, à Beauvais, le 17 Novembre 1979. Daniel Deffayet, Henri-René Pollin, Jacques Terry et Jean Ledieu en sont alors les interprètes.
Par l'enregistrement que voici, nous avons voulu faire connaître la dernière manière du Maître, postérieure de vingt ans et plus à l'écriture du Roy fol. Jean Ledieu, Fabrice Moretti, Denis Bardot et Yann Lemarié se virent confier l'interprétation de cet enregistrement par Geneviève Jacque-Dupont qui en assura la direction artistique.

Saxophonies


After being commissioned by the Ministere de la Culture, Jacque-Dupont took this opportunity to reveal the best effects to the "prestigious quatuor Daniel Deffayet", who premiered the 3 movements Flashes, Spleen and Sprint in Beauvais the 17th of November 1979.
Daniel Deffayet, Henri-René Pollin, Jacques Terry et Jean Ledieu were the performers.
By this recording, we wish to present the last period of Jacque-Dupont, twenty years and more before he wrote The Roy fol.
Jean Ledieu, Fabrice Moretti, Denis Bardot et Yann Lemarié have been asked to performed this piece by Geneviève Jacque-Dupont herself, and she was the artistic director.

 

 



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