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Rachmaninoff, “Silent Night”
Marie-Paule Milone, violoncelle
Denis Pascal, piano



POL 230 369

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  Silent Night

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Sergueï Rachmaninoff
Sonate pour violoncelle et piano opus 19
Mélodies
Vocalise

 

   
         
   


Les voix du cœur, la voie de l’âme…

Sergueï Rachmaninov (1873-1943) semble incarner à lui seul tous les déracinements de l’artiste "maudit", ses errances, ses déchirements. Romantique égaré au milieu du vingtième siècle, souvent critiqué en son époque (autant qu’admiré du reste) pour son passéisme stylistique, il a poursuivi sa propre voie, ignorant modes et courants, en produisant une musique profondément sincère qui a su toucher directement au cœur : "la musique doit venir du cœur et aller droit au cœur", affirmait-il. Mais, avec le recul du temps, le public ne s’y est pas trompé, qui a inscrit certaines de ses pages en excellente place au parnasse des œuvres éternelles : Prélude pour piano en ut dièse mineur, deuxième Concerto pour piano, Vocalise…
Sa nature l’avait isolé dans le temps, le cours de l’histoire va l’écarteler dans l’espace ! La révolution de 1917 le contraint à quitter à jamais sa chère Russie. Commence alors pour lui, comme pour son grand prédécesseur Liszt, une vie de pianiste itinérant, quasiment apatride, qui finira par s’ancrer aux Etats-Unis (jusqu’à prendre la nationalité américaine) mais dont l’âme, l’esprit et le cœur resteront profondément attachés à la mère Russie.

Cette culture russe qui coule dans ses veines, qui innerve chacune de ses œuvres, est nourrie de la musique de la première génération des compositeurs nationaux, le groupe des cinq, Moussorgski, Tchaïkovski surtout, mais aussi de tous les grands poètes du dix-neuvième siècle, Pouchkine, Apoukhtine, Tolstoï, Tchekhov, Blok… L’un de ses combats, après la victoire de ses aînés pour imposer une esthétique nationale, sera de libérer la musique de son pays d’une étiquette "russe" trop restrictive, et de tendre à l’universalité. L’art des sons et celui des mots donc, indissociables à ses yeux, qui se trouvent intimement mêlés dans le monde de la mélodie pour exprimer ce qu’a de plus intime l’âme slave et laisser s’exhaler cette indicible douleur qui semble en être le germe initial. D’ailleurs pour Rachmaninov, la musique est "une sœur de la poésie et une fille de la tristesse". Ainsi, c’est grâce au chant, porté par le souffle vital, que s’exprimera la quintessence de l’émotion : environ soixante-dix mélodies pour voix et piano, de véritables petits chefs d’œuvre toujours en quête de cette "pureté musicale", "universellement russe", laboratoire secret servant de terreau aux grandes œuvres, opéras, symphonies et concertos. Contre le sens de l’histoire, au moment où la plupart des compositeurs cherchent à s’en affranchir, Rachmaninov hisse la mélodie (non plus genre poético-musical mais ingrédient technique fondamental) au premier rang de ses préoccupations. "Tous les grands maîtres se sont attachés au culte de la mélodie en soi, considérée comme l’élément primordial de la musique. En effet, la mélodie constitue pour moi le germe de la création musicale puisqu’elle contient et suggère sa propre réalisation harmonique". Son art atteint alors une vocalité viscérale qui se réalise aussi bien dans le répertoire chanté que dans l’univers instrumental. On pourrait même se demander si, affranchie des contraintes sémantiques de la poésie, ce n’est pas plutôt la musique instrumentale qui révèle le véritable lyrisme de Rachmaninov, jaillissement à la fois puissant et énigmatique, expansif et secret. À mi-chemin entre les deux mondes, la célèbre Vocalise op. 34 peut nous donner ici une sorte de clé. C’est en renonçant à utiliser un poème, comme si les mots étaient impuissants à exprimer les sentiments les plus profonds, qu’elle referme un recueil de quatorze superbes romances, fougueuses ou rêveuses, en n’usant pour tout texte que d’une seule voyelle, transformant ainsi la voix en instrument de musique quelque peu éthéré.
Rien d’étonnant alors que les instrumentistes se soient rapidement emparés de cette page sublime, notamment les violoncellistes ! Car le violoncelle a un timbre réputé très proche de celui de la voix humaine, à la sonorité chaude et au vibrato naturel, à la tessiture comparable à celle d’un mezzo-soprano ou d’un baryton chantant. La douzaine de mélodies transcrites pour le violoncelle que propose cet enregistrement, toutes écrites avant son exil, renforce ce sentiment, non pas que le verbe est inutile, mais que la musique de Rachmaninov sait le transcender, le sublimer pour atteindre le cœur même de l’émotion musicale. Plus surprenant encore, les pièces qui héritent directement du récitatif moussorgskien, où la rythmique et l’accentuation de la langue parlée pourraient rendre la mélodie définitivement dépendante d’un poème, s’accommodent parfaitement de l’interprétation instrumentale, malgré notes répétées et rythmes saccadés, comme pour nous dire que la musique n’est pas une langue, mais un langage supérieur qui permet de communiquer au-delà du sens des mots, au-delà même de notre existence terrestre ! Peut-être est-ce grâce à cette permanence sous-jacente du religieux qui bâtit toute la production de Rachmaninov sur l’inconscient collectif orthodoxe russe ?
Bien des pages instrumentales de Rachmaninov se présentent ainsi comme des "romances sans paroles" qui semblent illustrer un poème imaginaire. Il suffit d’écouter, pour s’en convaincre, le troisième mouvement de la Sonate pour violoncelle et piano op. 19 ! C’est l’un des joyaux de la relativement restreinte production de chambre de Rachmaninov, à laquelle ne s’ajoutent que deux trios avec piano, deux quatuors à cordes, quelques pièces de genre pour violon ou violoncelle et piano. Ecrite en 1901, en même temps que le débordant Concerto pour piano n° 2, la sonate semble en être un peu le contrepoids intime, la face d’ombre (de nombreuses inflexions mélodiques, tournures rythmiques et constructions harmoniques très proches se retrouvent dans les deux œuvres). Rachmaninov émerge alors d’une dépression profonde de quatre années dans laquelle l’avait plongé l’échec de sa première symphonie et dont il ne sortira vainqueur qu’en ayant recours à un traitement par l’hypnose. Ces deux œuvres nous offrent l’expression d’une sorte de retour à la vie créatrice, oscillant entre les affres douloureuses d’une noirceur paralysante et l’exaltation triomphante d’une victoire sur soi-même. La sonate use de la même tonalité (sol mineur) et de la même succession de quatre mouvements (Largo-allegro moderato, Allegro scherzando, Andante, Allegro mosso) que la Sonate pour violoncelle et piano de Chopin.
Le timbre du violoncelle a particulièrement attiré Rachmaninov : lied (1890), deux pièces op. 2 (1892), sans compter les nombreux et toujours sublimes solos rencontrés dans sa musique symphonique ou concertante. Sans doute pour sa puissance expressive, sa proximité de la voix, comme nous le remarquions plus haut, ou tout simplement car c’est probablement l’instrument de musique le plus humain. C’est en tout cas celui qui convient le mieux à Rachmaninov pour laisser s’épancher ses humeurs, ses douleurs, ses confidences, comme susurrées au creux d’une oreille que l’on sait amie.
Mais sans doute y a-t-il également à chercher dans le rapport des deux instruments : le piano, l’instrument du compositeur, qui lui permit, grâce à sa technique diabolique, d’enflammer le monde entier, et le violoncelle, la voix intime, celle du cœur, celle que l’on ne peut jamais vraiment étouffer. Problème d’équilibre sonore évident entre les deux instruments, auquel ont été confrontés tous les compositeurs qui ont écrit pour ce duo, de Beethoven à Brahms, en passant par Mendelssohn et Schumann. Un rapport conflictuel qui peut d’ailleurs rappeler le Florestan fougueux et le rêveur Eusébius de Schumann. Dès le premier mouvement, cette dichotomie émerge, témoignant de la personnalité complexe de son auteur, peut-être même de ses fractures profondes. Mais jamais, malgré les assauts tempétueux du piano, le violoncelle ne se laisse détourner de sa sérénité élégiaque. Le Scherzo qui suit a quelque chose de brahmsien, dans le fantastique qu’il déploie, à grandes rafales de piano qui viennent se briser sur l’élégie centrale. L’Andante se pare des atours d’un lied passionné sans paroles, à deux voix entre la main droite du piano et le violoncelle, en se teintant de ces chatoiements harmoniques chromatiques fugaces qui semblent être l’une des véritables signatures de Rachmaninov. Prééminence du chant encore dans le Rondo final, où le violoncelle tente d’endiguer les débordements fougueux du clavier et de l’entraîner vers un majeur précaire mais apaisé, presque en forme de choral, dans un recueillement quasi religieux, extatique, dont on ne sortira, in extremis, que grâce à un dernier sursaut d’énergie.
Comme s’il fallait à tout prix résister aux enchantements d’une mort consolatrice pour affronter les tourments nécessaires de la vie ! D’ailleurs, c’est avec cette page que le jeune compositeur, âgé de vingt-huit ans seulement, met un point final à sa production de musique de chambre.

Jean-Michel Ferran (juin 2010)

 

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Marie-Paule Milone

À l’heure où la spécialisation fait rage, la trajectoire de Marie-Paule Milone est de celles qui font d’elle l’une des musiciennes les plus accomplies de sa génération. Qu’on en juge seulement par sa formation qui se déploie depuis la Finlande à l’Académie Sibelius d’Helsinki auprès d’Arto Noras pour le violoncelle, jusqu’à l’Université d’Indiana aux États-Unis auprès
de Janos Starker, Marie-Paule Milone bouscule les frontières et, par son talent à facettes, suscite les rencontres créatrices.
Marie-Paule Milone étudie tout d’abord le piano et le violoncelle à Toulouse où elle obtient ses premiers prix, piano, violoncelle, musique de chambre. Elle est également diplômée d’harmonie, d’histoire de la musique et d’analyse. Elle reçoit plusieurs distinctions nationales dont le prix du ministère de la culture. Remarquée à Lucerne par Arto Noras, elle est sélectionnée pour étudier auprès de lui à l’Académie Sibelius d’Helsinki. Diplômée de l’Académie elle donne un premier récital à Helsinki salué unanimement par la critique. Au festival de Kestely (Hongrie), elle rencontre le pianiste Gyorgy Sebök qui l’invite à L’université d’Indiana à Bloomington où elle étudie avec Janos Starker dont elle sera l’assistante.
Elle débute très rapidement un riche parcours en Europe et aux USA comme soliste (concertos de Schumann, Saint-Saëns, Elgar, Brahms), elle se dévoue en outre à la musique de chambre, auprès du pianiste Denis Pascal, avec qui elle forme à la ville comme à la scène un duo remarquable, mais aussi Svetlin Roussev, Tedi Papavrami, Gérard Poulet, Eric Lacrouts, Corey Cerovsek, sans oublier l’altiste Françoise Gneri avec qui elle a formé, entre autres, le trio à cordes Paul Klee. Marie-Paule Milone a pu être entendue au festival Octobre en Normandie, à l’Arsenal de Metz, à l’Opéra de Rennes, au Théâtre Impérial de Compiègne, au Parvis à Tarbes, au Palais des Arts à Lisbonne, au Théâtre du Châtelet à Paris, au Musée d’Orsay, au Théâtre des Champs Elysées, à l’Auditorium des Halles, Salle Gaveau, et aussi dans des émissions télévisées sur TV 5 et Muzzik. Marie-Paule Milone est la créatrice du Trio de Régis Campo en 2008 (en compagnie de Corey Cerovsek et Denis Pascal) à la Salle Gaveau.

Marie-Paule fait ses débuts de mezzo à l’opéra dans l’Orfeo de Rossi, sous la baguette de Stanley Ritchie et Th. Binkley, puis dans les grands oratorios religieux et profanes de Berlioz, Brahms et Verdi (Requiem). Elle se perfectionne auprès du grand professeur Vera Rosza à Londres, elle est engagée dans de nombreux festivals, à Paris (Salle Gaveau, Opéra Comique), au Herbst Theater de San Francisco, ou à l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille. Son répertoire de récital comprend les grands cycles de Robert Schumann, Joseph Marx, S. Prokofiev, Richard Strauss, M. Moussorgski, Anton Rubinstein, R. Wagner, S. Rachmaninov ainsi que le répertoire français qu’elle illustre à l’occasion d’une tournée aux USA organisée pour le centenaire d’Ernest Chausson au cours de laquelle elle interprète en tant que soliste du Classical de San Francisco, le Poème de l’Amour et de la Mer.
Elle chante également Das Lied von der Erde, avec des chefs comme Bertrand de Billy ou François-Xavier Roth et l’orchestre Les Siècles. Elle est également la dédiacataire du Livre de l’amour, USCHK- NAMEH de Guillaume Connesson ainsi que du cycle Shitao de Lucien Guérinel dont elle assure la première avec l’Orchestre National de France sous la direction de Fabien Gabel. Son disque consacré au Requiem de Maurice Duruflé enregistré chez BMG avec la Maîtrise de Notre-Dame de Paris a été distingué d’un CHOC du Monde de la Musique. La première édition de son album consacré aux lieder et pièces instrumentales de Joseph Marx, avec le pianiste Denis Pascal, a été unanimement saluée par la presse (FY- Solstice).

Denis Pascal

Disciple de Pierre Sancan et Georges Sebök. Lauréat des concours internationaux de Lisbonne, du Concert Artist Guild de New York et de celui de Zürich, il se perfectionne à l’Université d’Indiana à Bloomington durant trois ans. Ce seront ensuite des collaborations et des tournées régulières avec le grand violoncelliste Janos Starker.
Denis Pascal se produit en France et dans le monde entier comme soliste et comme musicien de chambre. Il a fait de nombreuses apparitions aux États-Unis – Lincoln Center et Merkin Hall de New York, Kennedy Center de Washington – comme en Europe (concerts à Palerme, Rome, Venise, Lisbonne ou Helsinki). En France, à Paris, le public du Théâtre des Champs-Élysées, du Théâtre du Châtelet, du Théâtre de la Ville, de la Salle Gaveau et de l’Opéra Garnier a pu l’applaudir, ainsi que celui de nombreux festivals internationaux, L'Emperi, Les Folles Journées de Nantes.
Parmi les projets discographiques qui ont connu la reconnaissance de la critique : l'Intégrale des Rhapsodies de Liszt, Choc du Monde de la Musique en 2000, un disque monographique consacré à Jean Wiener pour Sisyphe qui a obtenu en mars 2008 un Diapason d’Or.
Pédagogue unanimement apprécié, Denis Pascal a contribué à l’élaboration de plusieurs ouvrages didactiques en collaboration avec la Cité de la Musique de Paris. Il est également à l’origine de plusieurs saisons musicales, dont Les Tons Voisins – Rencontres internationales de musique de chambre d’Albi… qui rencontre un vif succès. Louée unanimement par la presse, cette saison qui investit les lieux les plus inattendus de cette magnifique ville connaît cette année sa quatrième édition.
En janvier 2010, Denis Pascal est nommé professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon.

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Heart and soul

Sergueï Rachmaninov (1873-1943) exemplifies the trials and tribulations of the uprooted artist. He was a very late romantic, often criticised - but equally admired - for his out-of-date style, but he carried on regardless of fashion, producing deeply sincere music which as he said "should come from the heart and go straight to the heart". Despite this out-of-datedness, presentday audiences still flock to hear the C# minor Piano Prelude, the second Piano Concerto, the Vocalise and so on.
Out of phase in time, but also geographically. With the upheavals of 1917, he was obliged to leave forever his beloved Russia. Just like his illustrious predecessor Liszt, he was always on the move as a performing pianist, and he remained stateless until finally settling in the USA and taking American citizenship ; in soul, spirit and heart, however, he stayed unswervingly faithful to Mother Russia.
Russian culture - music and literature - ran in Rachmaninov's veins ; via the music of the first generation of national composers, the Group of Five, Mussorgsky and above all, Tchaikovsky ; and the writings of the great 19th century authors, Pushkin, Apukhtin, Tolstoy, Chekhov, Blok, among others. His elders had managed to impose a national Russian style, which he then strove to extend towards something more universal. In his melodies, the marriage of music and words express the Russian soul in all its profound, painful intimacy. He regarded music as "the sister of poetry and the daughter of sadness", and it is through singing - the breath of life - that he concentrated emotion, in 70-odd melodies for voice and piano. These miniature masterpieces of musical purety in Rachmaninov's Russian-universal style, are the starting-point for his large-scale works, the operas, symphonies and concertos. At a time when other composers were getting away from it, he placed melody-writing right at the centre of his technical preoccupations. "For all great composers, melody is a fundamentalelement of music, and for me, it is the very seed of creation, as it suggests and generates harmony".
Vocal writing is the centre of not only of Rachmaninov's sung melodies, but also of his instrumental music. His lyrical vein is arguably even more apparent in his instrumental music with all its powerful secrets, than in his music with words, where sense is more specific.
The Vocalise op. 34, lying half-way between these two worlds, provides a clue. By doing without a poem, he manages to express the profoundest of sentiments that a text would be unable to convey. The only "text" of this vocalise, the last piece in an album of fourteen romances, is a single vowel, so that the voice is treated as an instrument. It is therefore hardly surprising that instrumentalists, and especially cellists, have taken this piece into their repertoires. The cello is reputed for its singing tone, and it has the same range as a mezzo-soprano or barytone. This recording presents a dozen melodies transcribed for cello, that Rachmaninov wrote before going into exile, and it is clear that his music is sufficiently rich to be able to do without the texts. What is surprising, is that pieces lend themselves naturally to transcription, even though they are closely related to Mussorgsky-style recitatif, with its spoken langauge rhythm.

Many of Rachmaninov's pieces are songs without words. Take, for instance, the third movement of the Sonata for cello and piano op. 19; this is one of his few pieces of chamber music (alongside two piano trios, two string quartets, plus a few salon pieces for violin, or cello, and piano). This sonata was written in 1901, at the same time as the larger-than-life second Piano Concerto to which it is an intimate, sombre counterpart. The two pieces are very similar in melody, rhythm and harmony. At the time, the composer was just coming out - thanks to hypnosis - of the depression brought on by the failure of his first symphony four years previously, and both the sonata and the concerto show his return to creative activity, alternating between feelings of suffering and victory. The sonata follows Chopin (Sonata for cello and piano op. 65) in key - G minor - and movement layout - Largo-allegro moderato, Allegro scherzando, Andante, Allegro mosso. Rachmaninov was particularly drawn to the cello's timbre, cf. the Lied (1890), 2 pieces op. 2 (1892), plus those sublime solos we find so often in his symphonies and concertos. An expressive cello melody always makes us think of the human voice, and the composer was very much in his element with this instrument for expressing his pain and his secrets, as though he were whispering in a loved one's ear.
There is also the question of the relation between the two instruments. Rachmaninov possessed an extraordinary technique on the piano, while the cello represents an inner voice which must never be submerged. All composers writing for cello and piano (e.g. Beethoven, Brahms, Mendelssohn and Schumann) had to face the same problem of balance, or conflict. The composer's complex personality shows itself straight away in the first movement, where the tumultuous goings-on of the piano never get the better of the cello's elegiac serenity. There is something of Brahms in the scherzo, with bursts from the piano which dissolve into the central elegy (trio section). The slow movement is a passionate song without words, a dialogue between the cello and the piano's right hand, coloured by fleeting chromatic harmonies so typical of Rachmaninov. In the finale, singing is once again predominant. The cello tries to lead the energetic enthusiasm of the piano towards an almost religious, ecstatic, chorale-like calm, before the final fling of energy. The composer seems to turn his back on death, in order to take on the challenges of life. This sonata is the last of Rachmaninov's chamber music production. He was merely 28 years old.

Jean-Michel Ferran

 

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Marie-Paule Milone

As a singer, Marie-Paule Milone made her début in Luigi Rossi's opera L'Orfeo directed by Stanley Ritchie and Th. Binkley, performing later in Berlioz and Brahms oratorios and Verdi's Requiem. Her singing teacher was the great Vera Rosza in London, and she has sung in many festivals, at the Salle Gaveau, the Opéra Comique, the Herbst Theater in San Francisco, and in the Amphithéâtre of the Opéra Bastille. Her repertoire takes in the song-cycles of Schumann, Joseph Marx, Prokofiev, Richard Strauss, Moussorgski, Anton Rubinstein, Wagner, Rachmaninov. In the French repertoire, she took part as soloist in a concert tour to mark Ernest Chausson's centenary, performing the Poème de l’Amour et de la Mer with the Classical Philharmonia Orchestra of San Francisco. She has also sung Das Lied von der Erde, with Bertrand de Billy and François-Xavier Roth and the Orchestra Les Siècles. Certain pieces have been specially written for her : Guillaume Connesson's Livre de l’amour, USCHK-NAMEH and Lucien Guérinel's "Shitao" of which she gave the first performance with Fabien Gabel and the Orchestre National de France. Her recording of Maurice Duruflé's Requiem on the label BMG with the Maîtrise de Notre-Dame de Paris was awarded a "CHOC" by the Monde de la Musique. Also, her album dedicated to Lieder and instrumental pieces by Joseph Marx, with Denis Pascal at the piano, received much praise in the press. (FY- Solstice)
We live in a period of high specialisation, which makes Marie-Paule Milone one of the most accomplished musicians of her generation, as she has no less than three specialities, cello, piano and voice.
Her first contact with musical study was in Toulouse, France, when she started the piano, followed by the cello, and her time there culminated with first prizes not only for her two instruments, but also chamber music (twice!), harmony, analysis and music history.
Still in France, she was awarded the Culture Ministry prize.In Luzern, Switzerland, Arto Noras invited her to study the cello with him, which she did for four years at the Sibelius Academy in Helsinki, Finland. Whe she got her diploma, she gave a recital which was highly acclaimed by music critics.
On a course in Keszthely, Hungary, she met the pianist György Sebök who invited her to Bloomington, Indiana, where she became a student, and later, for three years, assistant of János Starker. In the USA, and then in Europe she appeared as soloist in the concerti of Schumann, Saint-Saëns, Elgar, Brahms, as well as giving many remarkable chamber concerts with her partner Denis Pascal, and also Svetlin Roussev, Tedi Papavrami, Gérard Poulet, Eric Lacrouts, Corey Cerovsek, and Françoise Gneri, one of her partners in the string trio Paule Klee. She has played in the Octobre en Normandie festival, at the Arsenal in Metz, the Opera in Rennes, the Théâtre Impérial in Compiègne, the Parvis in Tarbes, at the Arts Palace in Lisbon, Portugal, the Théâtre du Châtelet in Paris, at the Musée d’Orsay, at the Théâtre des Champs Elysées, the Auditorium des Halles, the Salle Gaveau, and also in television programmes on TV 5 et Muzzik. Marie-Paule Milone took part in the first performance of the Trio by Régis Campo in 2008 (together with Corey Cerovsek and Denis Pascal) at the Salle Gaveau.
Denis Pascal

Denis Pascal was born in Albi, where he started to learn the piano at the age of eleven. He soon became one of the last significant disciples of Pierre Sancan at the Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (the French Academy of Music), where he won first prizes with unanimous jury in piano and chamber music as well as in music theory courses (1984), before attending the classes of Jacques Rouvier, Leon Fleisher and György Sandor in the third cycle advanced classes at the French Academy of music, a very demanding school.
He won several international prizes, such as the competitions of Lisbon and Zurich, and the Concert Artist Guild Competition in New York and the Cziffra, Lavoisier and Menuhin Foundations, and finished his studies with György Sebök in Bloomington, Indiana, where he received the Artist Diploma.
Denis Pascal has given many solo and chamber music performances in Europe, USA and Asia celebrated by the public and reviewers throughout the world.
In France, he played as a soloist at the Théâtre des Champs-Elysées, the Salle Gaveau, and the Théâtre du Châtelet. He also played with the National Orchestras of Lyon, Toulouse and Bordeaux, as well as the Besançon Orchestra and Orchestra of Auvergne and the historic ensemble Les Siècles conducted by François-Xavier Roth with whom he recorded the emblematic two Chopin Concertos on a Pleyel piano.
He also played with the New Japan Philharmonic and with the San Francisco Chamber Philharmonic and Pacific Chamber Orchestra in the USA. He also gave concerts in New York at the Merkin and Alice Tully Concert Halls, and at the Kennedy Center in Washington.
Denis Pascal is much sought after by partners such as Janos Starker, Tedi Papavrami, Corey Cerovsek, Philippe Graffin, and the Diotima String Quartett - to name just a few - or the late flutist Alain Marion with whom he recorded the complete Beethoven sonatas.
He has been awarded several times for his recordings of Liszt’s 19 Hungarian Rhapsodies, receiving the Choc du Monde de la Musique, Classica Award and the Prize of the Franz Liszt Association.
He is also very interested in rare music and had great success with the world première of Joseph Marx’s piano music. In march 2008, his recording dedicated to Jean Wiener’s music was awarded by a Diapason d’Or.
Numbers of composers have written for him, such as Régis Campo, Jean-Philippe Bec and Guillaume Connesson. Denis Pascal’s individual style when playing the great repertoire (Brahms, Tchaikovsky, Chopin, Ravel piano concertos…) and his defending of composers who are rarely played in concert halls such as Cyril Scott, Joseph Marx, York Bowen, Ernest Chausson and Florent Schmidt place him among the finest French pianists of his generation.
Denis Pascal has been lately appointed piano teacher at the Conservatoire National Supérieur de Musique both in Paris and Lyon.

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