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Pour la Duchesse du Maine
Ensemble La Française
Aude Lestienne, traverso Marie Remandet, chant Shiho Ono, violon Kazuya Gunji, clavecin Jean-Baptiste Valfré, violoncelle

POL 503 134

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Nicolas BERNIER (1664 - 1734)
Cantate Médée

Livre Quatrième, Paris 1703
Quoy tu trahis Médée ?
Tirans des rivages

Courons, courons

Ingrat ta cruelle inconstance
Dieux quel indigne amour

Beautez fuyez


Jean-Joseph MOURET (1682 - 1738)
Concert de Chambre

Premier Livre, Paris 1734
Ouverture
Venissienne
Air
Rondeau
Passepieds
Sarabande
Tambourins
Chaconne


Thomas-Louis BOURGEOIS (1676†1750)
Cantate Ariane

Livre Premier, Paris 1708
Sur un rocher affreux
Déserts où m’abandonne un ingrat
Cette amante

Milles trompettes

Dans cette affreuse solitude

Une cruelle perfidie

 
 


Petite-fille de Louis II de Bourbon, prince de Condé, Louise-Bénédicte de Bourbon est mariée en 1692 à l’âge de seize ans au duc du Maine, ls légitimé de Louis XIV et de Mme de Montespan. La jeune fille vit cette union comme une humiliation eu égard à son rang de princesse du sang et se morfond à la cour de Versailles. 

À la n de l’année 1700, le duc du Maine acquiert le château de Sceaux. Louise-Bénédicte trouve ici demeure à sa mesure et va en faire un haut-lieu culturel pendant plus de cinquante ans. Elle est en effet passionnée par les arts et les sciences, sa plus grande prédilection allant au théâtre, notamment la tragédie. Elle en fait représenter plusieurs à Sceaux dans lesquelles elle interprète le rôle principal. C’est dire son attache- ment aux héroïnes antiques comme le sont Médée et Ariane. 

Mais la duchesse du Maine aime aussi s’amuser, surtout la nuit. Les fêtes qu’elle organise à Sceaux atteignent leur zénith avec les Grandes Nuits qui se déroulent du 31 juillet 1714 au 15 mai 1715. 

Très petite comme tous les membres de sa famille, souvent moquée par les dames de la cour, la duchesse du Maine décide de retourner ce désavantage en sa faveur en adoptant comme emblème l’abeille (la mouche à miel) et la devise tirée d’Aminta du Tasse : « Piccola si, ma fa pur gravi le ferite » (« Petite certes, mais elle fait de profondes blessures »). Le texte est approuvé par son entourage comme convenant fort bien à la personnalité de Louise-Bénédicte. 

Ce jeu d’identi cation aboutit à la création solennelle le 11 juin 1703 de l’Ordre de la Mouche à miel, parodie malicieuse des ordres de chevalerie et surtout des sociétés académiques. Au nombre de trente-neuf, quarante avec leur reine, comme à l’Académie fran- çaise, ses membres élus, hommes et femmes, tous des habitués de Sceaux, doivent porter, une fois reçus, une médaille de cuivre doré représentant d’un côté, le portrait de pro l de la duchesse du Maine et de l’autre, la reine des abeilles, sa ruche, la devise et la date de création de l’Ordre. Ces plaisantes cérémonies se poursuivront jusque dans les années 1730. 

En 1708, Jean-Joseph Mouret, originaire d’Avignon, entre au ser- vice du duc du Maine pour enseigner la musique à ses enfants. Il est « ordinaire de la Musique de la duchesse du Maine » lorsque débutent les Grandes Nuits auxquelles il prend une part très im- portante. Il poursuit également une brillante carrière à l’Académie royale de musique au cours de laquelle il dédie l’essentiel de ses compositions à la duchesse et à ses enfants. Deux ans avant la mort du duc du Maine en 1736, Mouret publie un premier Concert de chambre à deux et trois parties, constitué d’une ouverture et d’une suite de danses. Des musiciens extérieurs à la maison sont aussi sol- licités comme Nicolas Bernier ou Thomas-Louis Bourgeois. 

Malgré une carrière essentiellement religieuse qui le conduit de la Sainte-Chapelle de Paris à la Chapelle royale de Versailles, Bernier se fait connaître du public par une abondante production de cantates, la plus importante de l’époque. Son cinquième livre intitulé Les Nuits de Sceaux est publié en 1715 et naturellement dédié à la reine du lieu. C’est après 1703 qu’il compose Médée, pièce éminemment tragique.



Né dans le Hainaut, Thomas-Louis Bourgeois, après un début de carrière à l’église, intègre l’Académie royale de musique comme chanteur, puis y fait triompher ses opéras-ballets, Les Amours déguisés (1713) et Les Plaisirs de la paix (1715). Vers 1708, il publie son premier livre de cantates contenant l’histoire d’Ariane, une autre amante délaissée, sur un poème de Marie de Louvencourt. 

On peut dé nir le genre de la cantate comme une sorte d’opéra minia- ture donnant alternativement la parole à un(e) récitant(e) et à l’héroïne, l’interprète restant le (la) même. La cantate se termine habituellement par quelques vers de morale, un peu comme dans les fables de La Fontaine. 

Médée de Bernier relate les mêmes faits que Charpentier dans sa tra- gédie en musique créée à l’Académie royale de musique vingt ans plus tôt. Bernier connaissait sûrement l’œuvre. Dans le prélude de Médée de Bernier, les traits agités des instruments pré gurent la vengeance de Médée envers l’infidélité de Jason. La rage et la tendresse se disputent ensuite son cœur jusqu’à la décision nale où le sentiment destructeur l’emporte. Dans Ariane de Bourgeois, les effets en notes rapides et répétées de l’accompagnement instrumental décrivent l’anéantissement d’Ariane abandonnée par Thésée, avant que la gloire de Bacchus (imitation de l’éclat des trompettes) la sauve.


Il convient de signaler que les œuvres présentées dans cet enregistrement n’ont pas été expressément commandées par la duchesse du Maine et n’ont pas de lien direct avec l’activité artistique que la princesse développa à Sceaux. Toutefois, ces pièces et leurs compositeurs restent emblé- matiques de son univers et de son mécénat. Ce programme « pour la duchesse du Maine » est avant tout un hommage à cette personnalité de premier plan de l’ancien régime. 


Catherine Cessac 



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Louise Bénédicte de Bourbon is the granddaughter of Louis II de Bourbon, Prince of Condé. In 1692, at the age of sixteen, she is forced to marry the Duke of Maine, legitimised son of Louis XIV and Mme de Montespan. The young woman, being a «princesse du sang», perceives this union as a disgrace and languishes at the court of Versailles. 

In late 1700 the Duke of Maine purchases the Château de Sceaux, a residence that is to Louise Bénédicte's taste. She will transform it into a cultural mecca for over fifty years. Indeed, Louise-Bénédicte is passionate about science and arts, especially about theater. Since she has a preference for tragedies, she stages several of them in Sceaux, playing the lead part. This goes to show how deeply attached she is to classical heroins like Medea and Ariadne. 

But the duchess of Maine also likes distraction, especially at nighttime. The parties she throws at Sceaux reach their culminating point with the Grandes Nuits, taking place from 31st July 1714 to 15th May 1715. 

The ladies of the court often scoff at the Duchess of Maine for being short, like all the members of her family.



She decides to turn this aw to her advantage by choosing the honeybee as her emblem, along with a motto from Tasse's Aminta : “Piccola si, ma fa pur gravi le ferite” (“For it is small, but leaves deep wounds”). Louise Bénédicte's entourage approves of the text as being well adapted to her personality. 

On 11th June 1703 she develops this symbolism further through the ceremonial creation of the Order of the Honey Bee, maliciously mocking chivalric orders, but above all academic societies. The order is composed of 39 members, 40 counting their queen - just like the Académie française. Once accepted, the chosen men and women, all of them regulars at Sceaux, have to wear a gold-plated copper medallion, showing a pro le portrait of the Duchess of Maine on one side, a queen bee with her bees, her hive as well as the motto and the date of the order's creation on the other. This pleasant ceremonies continue until the 1730s. 

In 1708 Jean-Joseph Mouret from Avignon enters the service of the Duke of Maine, as a music teacher for his children. By the time the Grandes Nuits start, he has become “ordinaire de la Musique de la duchesse du Maine” and takes an active part in them. He also pursues a successful career at the royal music academy, during which he dedicates most of his works to the Duchess and her children. Two years before the Duke of Maine’s death in 1736, he publishes a first Concert de chambre à deux et trois parties (chamber concert in two or three parts) - comprising an overture and a set of dances. External musicians, like Nicolas Bernier or Thomas-Louis Bourgois are also being requested. 

Despite an essentially religious career that takes him from the Sainte-Chapelle in Paris to the Chapelle royale in Versailles, Ber- nier makes himself known through the most numerous production of cantatas of the time. His fifth book Les Nuits de Sceaux, published in 1715, is obviously dedicated to the « local queen ». Medea, a prominently tragic piece, is composed after 1703.


Thomas-Louis Bourgeois, born in Hainaut, who started out as an ecclesiastical musician, joins the royal music academy as a singer. There he ensures the triumph of his opera-ballets, like Les Amours déguisés in 1713 and Les Plaisirs de la paix in 1715. Around 1708 he publishes his first collection of cantatas, including the story of Ariadne, another abandoned mistress, after a poem by Marie de Louvencourt. 

Cantatas can be described as a kind of mini-operas that alternate between a storyteller and the heroine, played by the same per- son. They usually end with a few moralizing verses, not unlike the fables by La Fontaine. 

Bernier's Medea tells the same facts as the musical tragedy created by Charpentier at the royal music academy 20 years earlier. Bernier certainly knew this work. The instruments' agitation in the prelude of Bernier's Medea foreshadow Medea's vengeance for Jason's in fidelity. Rage and tenderness fight over her heart until, in the end, rage prevails. In Bourgeois’ Ariadne the heroin’s obliteration, after being abandoned by Theseus, is expressed through the rapid and repeated notes of the musical accompaniment. She is then salvaged by Bacchus’ glory (imitation of the sound of trumpets).


Please note that the works recorded here have not been exclusively commissioned by the duchesse du Maine and have no direct connection with the artistic activities developed by the princess in Seaux. However, these pieces and their composers are characteristic of the Duchess’ world and her patronage. “Pour la duchesse du Maine” is first and foremost a tribute to this leading personality of the old regime.


Catherine Cessac 


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ENSEIGNER CHARMER ÉMOUVOIR 

sous la très belle devise de Cicéron, reprise au 17ème siècle par Descartes, l’ensemble la Française cherche à trans- mettre sa connaissance et son goût pour l’art baroque ; art parfois oublié des 17ème et 18ème siècles, art capable de nous transporter encore aujourd’hui. 

Ce jeune ensemble, fondé en 2013 par la flûtiste Aude Lestienne, tire son nom des Nations de François Couperin. il réunit cinq musiciens issus du CNSMD de Lyon et du Conservatoire royal de Bruxelles : Marie Remandet (soprane), Aude Lestienne (traverso), Shiho Ono (violon), Jean-Baptiste Valfré (violon- celle), Kazuya Gunji (clavecin).


il a surtout développé son travail autour de la musique de chambre française de la première moitié du 18ème siècle (vocale ou instrumentale) et notamment de compositeurs relativement tombés dans l’oubli. 

Notre Française - avant tout musicienne - se passionne également pour les autres arts baroques. La littérature, la danse, l’architecture ou encore l’art culinaire sont autant de sources d’inspiration pour la création de spectacles pluridisciplinaires permettant au public d’appréhender de manière plus large le « monde baroque ». 

L’ensemble se produit dans divers festivals : sinfonia en Périgord (Jeunes talents 2014), Festival Jean de la Fontaine, Festival Valloire Baroque, Petites Nuits de sceaux, Concerts d’Anacréon, musiques de Beauregard, Fêtes musicales de savoie, Festival Orgue en Jeu... 

Ce premier disque est un hommage à la Duchesse du Maine, personnage haut en couleur, célébrée dans un spectacle créé par l’ensemble en 2017, qui leur a permis de découvrir la musique de Bernier, Bourgeois et Mouret. 


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TEACH CHARM MOVE 

Following Cicero’s wonderful motto, taken up by Descartes in the 17th century, the musical ensemble la Française strives to convey its knowledge of and fondness for baroque art; a sometimes neglected art form of the 17th and 18th century, still capable of moving us even today. 

This young ensemble, founded in 2013 by the ute player Aude Lestienne, derives its name from François Couperin’s Les Nations. It consists of ve musicians graduated from the CNSMD de Lyon and the Conservatoire Royal de Bruxelles : Marie Remandet (soprano), Aude Lestienne (traverso), Shiho Ono (violin), Jean-Baptiste Valfré (violoncello), Kazuya Gunji (harpsichord).


They have focused on French chamber music from the first half of the 18th century (vocal and instrumental), especially by composers that were quite forgotten. 

La Française - above all a musician - is also fascinated by other baroque arts. Literature, dance, architecture as well as gastronomie are all sources of inspiration for the creation of multidisciplinary events, where the public gets in touch with the “baroque world” in a more comprehensive way. 

The musical ensemble has participated in several festivals : Sinfonia en Périgord (Jeunes Talents 2014), Festival Jean de la Fontaine, Festival Valloire Baroque, Petites Nuits de Sceaux, Concerts d’Anacréon , Musiques de Beauregard, Fêtes Musicales de Savoie, Festival Orgue en Jeu... 

This rst record is a tribute to the Du- chess of Maine, a flamboyant character, performed as a show that the ensemble created in 2017, which made them discover the music of Bernier, Bourgeois and Mouret. 

TRADUCTRICE 

Barbara Horvath 




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