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J'ai obtenu le Premier Grand Prix de Rome en 1945 et suis parti
pour la Villa Médicis début 1946. C'était la réouverture de
l'Académie de France à Rome après les années de guerre.
Peu avant mon départ, Henry Barraud, qui était alors à la tête de
l'ORTF me passe commande de ce qui pourrait faire figure de Sonate
de Vinteuil, cette oeuvre mythique qui tient une place non
négligeable dans l'oeuvre de Marcel Proust, A la Recherche du
Temps Perdu
Je suppose que j'avais confié à Henry Barraud mon admiration pour
cette vaste fresque que je venais de découvrir dans des
circonstances assez particulières. Ces circonstances, les voici.
Poursuivant mes études au Conservatoire de Paris, j'avais besoin
de gagner un peu d'argent. C'est ainsi que, pendant, deux ou trois
semaines, j'accompagnais au piano chauqe soir la chanteuse de
variétés, Betty Spell, au théâtre de l'A.B.C. situé sur les Grands
Boulevards. Il me fallait une bonne heure de métro aller-retour.
Les rames étaient quasiment vides, notamment l'unique voiture de
1ère classe où je m'installais commodément, livre en mains. Quel
livre? Proust, parbleu ! C'est ainsi que, fasciné, j'ai pris
connaissance de ce chef d'oeuvre.
Passent quelques mois et me voici, en 1946, installé au sommet de
l'une des deux tours qui surplombent tout Rome et ses environs, (
339 marches de mon nid d'aigle à la Plazza di Spagna). Au travail
! Pour quel résultat ? Nul ! J'étais en effet comme paralysé par
la situation psychologique dans laquelle je me trouvais :
compositeur par intérim en quelque sorte. Je voyais les semaines
passer sans que ni ma cervelle ni mon piano consentent à me tirer
d'affiare. Toujours cette page blanche. Une image car en fait, ma
"page blanche" portait des portées.... Jusqu'au jour où, passant à
d'autres travaux, je me suis retrouvé un jour plongé dans une
sonate pour piano et violon. L'ombre de Proust était-elle restée
tapie dans mon perchoir ? Ce qui est sûr, c'est que toutes mes
fibres souffrent encore du "syndrome de la page blanche" alors que
je n'ai pas le moindre souvenir des longues heures passées à
écrire cette sonate...Le fantôme de Vinteuil aurait-il squatté mon
nid d'aigle?
Finalement, cette sonate, je ne l'ai jouée que deux ou trois fois,
dans les salons amicaux, avec mon très cher et combien regretté
ami, le compositeur et violoniste de haut vol, Raymond
Gallois-Montbrun . Puisque je ne pensais plus à Proust lorsque je
l'ai écrite, j'ai choisi le simple titre de Sonate lorsque en 1951
elle fut éditée chez Durand. Depuis cette époque, elle n'a jamais
été jouée... Il a fallu l'opiniâtreté de l'historienne d'art,
Annie Verger, qui fouillant dans les archives de la Villa Médicis,
a retrouvé la trace d'un "envoi de Rome" portant le titre...
Sonate dite de Vinteuil.
Lieu proustien pour cette première édition, Cabourg, le Grand
Hôtel. Relais brillamment assuré par Yvette le Roux, Présidente du
Cercle littéraire proustien de Cabourg-Balbec et par la Direction
du Grand Hôtel, sans oublier Gérard Durantel, grâce à qui vous
avez ce CD Polymnie entre les mains. Ce concert du 20 Novembre
2010, fut enregistré en public au Grand Hôtel.
Claude Pascal
Sonate dite de Vinteuil
Cette sonate comprend trois
mouvements. Le 1er mouvement - Animato - voit le piano imposer,
d'entrée de jeu, un thème de caractère fiévreux. Sans transition,
le violon entre à son tour, faisant entendre un thème calme et
d'une grande douceur, jusqu'au moment où le piano impose à nouveau
le thème initial. Un 3ème thème est bientôt exposé au piano tout
de douceur et de tendresse. Le thème du début apparaît alors au
violon, en valeurs augmentées, puis les trois thèmes se
superposent dans un long développement. La conclusion intervient
sur un accord de La Majeur pianissimo. Le second mouvement -
Adagio assai - est constitué d'une longue mélopée puis d'un 2ème
thème dans un climat de douce sérénité. Le troisième mouvement -
Allegro molto - voit le violon énoncer un thème énergique qui
couvre 30 mesures sur un fond pianistique s'apparentant à une
toccata. Au coeur de ce mouvement, les deux instruements
rivalisent de puissance, dans une démarche de caractère syncopé.
Une réexposition générale, modifiée dans quelques-uns de ses
détails aboutit à une conclusion de caractère frénétique.
Sonate pour violon et piano de Debussy
Ecrite vers la fin de sa vie, cette
sonate pour violon et piano présente un fascinant mélange de
rigueur et de liberté. Les trois mouvements se déroulent dans un
même climat où se côtoient une ombre tzigane et une couleur de
ronde enfantine ou populaire. On pourrait penser à une
improvisation admirablement maîtrisée.
Sonate pour piano de Beethoven
Sonate n°26 en mi B Majeur Les Adieux op. 81a Dédiée à l'archiduc
Rdolphe, cette sonate évoque son départ de Vienne, pendant la
brève occupation française de 1809. Adagio - Allegro ( l'Adieu ).
On peut lire sur le maniscrit : l'Adieu, Vienne, le 4 mai 1809,
jour du départ de S.A.I. mon archiduc vénéré. Les trois syllables
: Le - be - wohl ( Adieu ) reposent sur les trois notes Sol - fa -
mib. Celles-ci appartiennent aussi bien à la gamme de mib qu'à
celle d'ut mineur. Par un instinct infaillible, Beethoven nous
fait passer sans transition d'une situation de tranquillité ( sol
- fa harmonisés en majeur ) à une position d'angoisse ( mib
harmonisé en mineur ) Andante espressivo ( l'Absence )
Tristesse pudique
Vivacissimamente ( le Retour )
De la main de Beethoven " Retour de S.A.I. , mon archiduc vénéré,
le 3 janvier 1810" Une joie douce et tranquille s'exprime à
travers ces pages.
Simon Zaoui
Ce jeune garçon est une révélation pour moi : je suis ému
parce qu'il s'est révélé un pianiste avec une imagination, un
sens du style (...), une précision étonnante, une richesse
d'images et je voudrais lui faire mes voeux les plus sincères
Aldo Ciccolini, 2006
Depuis une dizaine d’années, Simon Zaoui est invité à se produire
en soliste ou en musique de chambre à l'étranger (Brésil, Japon,
Allemagne Suisse, Angleterre, etc.) ainsi que dans les plus
grandes salles et festivals français ( festival de La Roque
d’Anthéron, Piano aux Jacobins à Toulouse, les Serres d’Auteuil,
la Folle Journée de Nantes, le festival des Arcs, aux « Moments
musicaux » du Théâtre du Châtelet, à la Cité de la Musique et à
Radio-France etc... ) Il est pianiste et pianofortiste attitré de
l’ensemble Matheus de Jean-Christophe Spinosi et participe à de
nombreux projets sur instruments modernes et anciens. Il est
également directeur artistique du Cycle Musical de la Chapelle de
Kersaint-Landunvez.
Ses partenaires réguliers sont les violonistes Sarah et Déborah
Nemtanu, Pierre Fouchenneret, les quatuors Voce, Ebene, Modigliani
et Psophos... Simon Zaoui a travaillé sous l’œil attentif d’Emile
Naoumoff, puis au CNR de Boulogne-Billancourt avec Marie-Paule
Siruguet, Hortense Cartier-Bresson et Xavier Gagnepain. Il y
obtient un premier Prix de piano ainsi que trois premiers Prix de
musique de chambre. Puis il est l’élève d’Alain Planès et
d’Emmanuel Strosser au Conservatoire de Paris (CNSMDP), de Patrick
Cohen pour le pianoforte et de Jeff Cohen pour l’accompagnement
vocal. Il obtient des mentions Très Bien aux Récitals
du Prix de piano et de musique chambre. Admis en cycle de
perfectionnement au CNSMDP dans la classe de Claire Désert, il
part ensuite travailler avec Tuija Hakkila à l’Académie Sibelius
d’Helsinki. Il se perfectionne également auprès d'Aldo Ciccolini,
Robert Levin et Menahem Pressler et reçoit les conseils de
Pierre-Laurent Aimard, Jean-Claude Pennetier et Christian Ivaldi.
Il remporte le premier Prix et le « Prix Fauré » du Concours
International de piano de Brest ainsi que le deuxième Prix du
Concours International Jean Françaix. Il est également récompensé
par le Prix du Rotary-Club de l’académie Maurice Ravel. Il obtient
un deuxième Prix et un prix spécial "musique française" au
Concours International. de musique de chambre de Guérande en duo
avec Sarah Nemtanu. Il reçoit également le soutien du mécénat
musical Société Générale et de la fondation Meyer.
Yuri Kuroda
Née à New York, Yuri KURODA commence
ses études de violon à cinq ans avec Satoru Arai, au “Suzuki
Talent Institute” à Kyoto. A neuf ans, elle joue le Concerto de
Bach avec l’Orchestre Concertino di Kyoto, et plus tard, un
Concerto de Vivaldi avec Felix Ayo. En 1993 elle admise à la 1ère
Masterclasse de Midori Goto à Osaka.
En 2003, elle rencontre Gérard Poulet qui l’incite à travailler
dans sa classe à l’Ecole Normale de Paris, où elle obtient le
Diplôme Supérieur de Concertiste de violon à l’unanimité en 2005.
En 2008, le Diplôme d’Etudes Musicales Supérieures lui est décerné
avec mention Très Bien à l’unanimité au Conservatoire National de
Region de Paris (C.N.R.). Elle se perfectionne également auprès de
Jean Mouillère, Roland Daugareil, Christian Ivaldi...
Elle est lauréate de nombreux concours internationaux ; 1er Grand
Prix au Concours International Jean-Sébastien Bach à Paris, Prix
d’interprétation de musique contemporaine au Forum Musical
International de Normandie, Prix Spécial au Concours International
de violon Rodolfo Lipizer en Italie, 3ème prix au Concours
International de violon Toshiya Etoh à Tokyo. Elle joue notamment
avec l’Orchestre Philharmonique du Japon, l’Orchestre
Philharmonique de Czestochowa en Pologne. YuriKuroda aime aussi
aborder la musique de chambre et se produit souvent en trio,
quatuor...

In 1945, I was presented with the First Grand Prix de Rome and in
early 1946, I left for the Villa Médicis. It was the time of the
reopening of the French Academy in Rome following the war.
Shortly before my departure, Henry Barraud, head of the ORTF,
commissioned me for what would become known as the Vinteuil
Sonata, a mythical piece which holds an important place in Marcel
Proust’s A la Recherche du Temps Perdu.
Some months passed and there I was in 1946 living in the Villa
Médicis where – absorbed by different writing workshops – one day
I found myself immersed in a sonata for piano and violin. Was the
shadow of Proust engraved in my memory? One thing is for certain:
I do not have the slightest recollection of the long hours I spent
writing this sonata.
I have only performed this sonata on a few occasions, in friendly
salons, with my very dear and sorely missed friend, the composer
and distinguished violinist Raymond Gallois-Montbrun *
As I was thinking more of Proust when I wrote it, I chose the
simple title of Sonata when it was published by Durand in 1951.
Since then, it has never been performed. It took the obstinacy of
an art historian, Annie Verger who, while searching in the
archives of the Villa Médicis, stumbled upon the traces of a
dispatch from Rome bearing the title, the Vinteui Sonata.
In fitting with the origins of the sonata, a Proustian location
was chosen for this first edition, the Grand Hôtel Cabourg. The
concert was superbly organised by Yvette le Roux, President of the
Proustian Literary Circle of Cabourg-Balbec and by the management
of the Grand Hôtel, without forgetting Gérard Durantel, thanks to
whom this CD Polymnie would not have been possible. The concert
took place on November 20, 2010 and was recorded in public at the
Grand Hôtel.
Simon Zaoui
This young man is a revelation for me: I am moved because he
turned out to be a pianist with imagination, a sense of style
(...), astonishing precision, a wealth of visions and I want to
send him my most sincere wishes.
Aldo Ciccolini, 2006
For the past decade, Simon Zaoui has been invited to perform as a
soloist and in chamber orchestras both at home in France at the
most important concert halls and festivals (La Roque d’Anthéron
festival, Piano aux Jacobins in Toulouse, the Serres d’Auteuil,
the Folle Journée of Nantes and the Théâtre du Châtelet) and
abroad, from Brazil and Japan to Germany, Switzerland and England.
He is a pianist and fortepianist attracted by Jean-Christophe
Spinosi’s Matheus ensemble and participates in a number of
projects on modern and ancient instruments.
Simon works regularly with violinists Sarah and Déborah Nemtanu,
Pierre Fouchenneret, as well as the Voce, Ebene, Modigliani and
Psophos quartets.
Simon has worked with Emile Naoumoff and at the
Boulogne-Billancourt Conservatoire with Marie-Paule Siruguet,
Hortense Cartier-Bresson and Xavier Gagnepain. In his time there,
he won first prize in piano as well as three first prizes in
chamber music. He would later study under Alain Planès and
Emmanuel Strosser at the Paris Conservatoire (CNSMDP), Patrick
Cohen for pianoforte and Jeff Cohen for vocal accompaniment. He
obtained a grade with merit at Prize Recitals for piano and
chamber music.
Following admission to the postgraduate course at the CNSMDP,
Simon joined the class of Claire Désert before going to Helsinki
to work with Tuija Hakkila at the Sibelius Academy. He would also
study under Aldo Ciccolini, Robert Levin and Menahem Pressler and
received advice from Pierre-Laurent Aimard, Jean- Claude Pennetier
and Christian Ivaldi. He won the first prize and the Prix Fauré at
the International Piano Competition of Brest, as well as the
second prize at the Jean Françaix International Competition. His
other accolades include the Rotary Club Prize from the Maurice
Ravel Academy, second prize and a special prize for French music
at the International Chamber Music Competition at Guérande in duet
with Sarah Nemtanu. He has also received the support of musical
patronage from Société Générale and the fondation Meyer.
Yuri Kuroda
Born in New York, Yuri Kuroda began her studies of the violin at
the tender age of five with Satoru Arai at the Suzuki Talent
Institute in Kyoto. Only four years later she was playing Bach’s
Concerto with the Kyoto Concertino Orchestra and later Vivaldi’s
Concerto with Felix Ayo. She was admitted to the First Masterclass
of Midori Goto in Osaka in 1993.
In 2003, Yuri met Gérard Poulet who encouraged her to work in his
class of the Ecole Normale de Musique de Paris, from where she
graduated with a Diplôme Supérieur de Concertiste in violin in
2005. In 2008, she graduates with merit from the Conservatoire
National de Region de Paris (C.N.R.) with a Diplôme d’Etudes
Musicales Supérieures. Yuri has studied under Jean Mouillère,
Roland Daugareil and Christian Ivaldi.
Yuri’s accolades at a number of international competitions include
first Grand Prize at the J.S. Bach International Competition in
Paris, the prize for Contemporary Music Performance at the Forum
Musical International de Normandie, the special prize at the
International Violin Competition “Rodolfo Lipizer Prize” in Italy
and Third Prize at the Toshiya Etoh International Violin
Competition in Tokyo.
Yuri also performs with the Japanese Philharmonic Orchestra and
the Czestochowa Philharmonic Orchestra in Poland. She also enjoys
playing chamber music and often performs in trio and quartet.
She plays an Andreas Guarnerius violin dating from 1697, kindly
donated to her. Yuri currently resides in Paris.


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